Candidate fictive et réponses écrites pour l'exemple. Le sujet fait partie des sujets d'expression orale rapportés pour mars 2024.
Le sujet
« Travailler jusqu'à 70 ans, qu'en pensez-vous ? »
Tâche 3 : exprimer et défendre un point de vue, 4 min 30, sans préparation. L'examinateur lance le sujet, vous écoute, puis vous relance ou vous contredit. Il évalue votre capacité à argumenter, à donner des exemples et à réagir.
La première réponse d'Aminata
Aminata a 38 ans, elle est infirmière à Dakar. Voici sa réponse lors de son premier entraînement, transcrite telle quelle.
Aminata : Euh... moi je suis contre. Parce que à 70 ans on est fatigué, on est vieux. Il faut laisser la place aux jeunes. Au Sénégal il y a beaucoup de chômage chez les jeunes. Donc voilà, je suis contre.
Examinateur : Pourtant, certaines personnes aiment leur métier et veulent continuer. Qu'en pensez-vous ?
Aminata : Oui... c'est vrai. Si on aime, on peut continuer. Mais moi je suis contre.
Au bout d'une minute, Aminata n'a plus rien à dire, alors que l'épreuve dure quatre minutes et demie.
Ce qui ne va pas
- Une position sans développement : trois idées (la fatigue, l'âge, le chômage des jeunes) annoncées, aucune expliquée ni illustrée.
- La relance subie : face à l'objection, elle concède (« c'est vrai ») puis répète son avis sans argument. L'examinateur attendait une réponse nuancée.
- Des tics de l'oral : « euh », « moi je », « donc voilà ».
- « Parce que à » au lieu de « parce qu'à ».
Sa réponse après trois semaines d'entraînement
Aminata : C'est une question qui me touche, parce que dans mon métier, je vois chaque jour ce que le travail fait au corps. À mon avis, imposer de travailler jusqu'à 70 ans serait une erreur, mais permettre de le faire, pour ceux qui le souhaitent, me paraît raisonnable.
D'abord, tous les métiers ne se ressemblent pas. Une infirmière qui fait des gardes de nuit est souvent épuisée bien avant 60 ans, tout comme un maçon qui porte des charges. Dans mon service, une collègue de 58 ans a dû s'arrêter à cause de son dos. Lui demander de continuer douze ans de plus, ce serait injuste.
Ensuite, il y a la question des jeunes. Dans mon pays, beaucoup de diplômés cherchent leur premier emploi pendant des années. Quand les plus âgés partent, des postes se libèrent.
Examinateur : Pourtant, certaines personnes aiment leur métier et veulent continuer. Faut-il les en empêcher ?
Aminata : Non, et c'est pour cela que je fais la différence entre obliger et permettre. Un professeur d'université ou un médecin passionné peut transmettre son expérience aux plus jeunes, par exemple à mi-temps. Ce serait une perte de s'en priver. Ce que je refuse, c'est qu'on oblige tout le monde à travailler plus longtemps, quel que soit son métier.
Examinateur : Et si l'État n'a plus assez d'argent pour payer les retraites ?
Aminata : C'est un vrai problème, je le reconnais. Mais on pourrait d'abord chercher d'autres solutions, comme faire travailler plus longtemps ceux qui ont des métiers moins pénibles. En résumé, je suis pour la liberté de choisir, pas pour une obligation.
Pourquoi elle fonctionne
- Une position nuancée annoncée dès le début : contre l'obligation, pour la liberté. Toute la suite en découle, et les relances de l'examinateur deviennent des occasions de la préciser.
- Des exemples tirés de sa vie : la collègue de 58 ans, son service. Ils sont faciles à raconter sans réciter.
- Des connecteurs qui structurent l'oral : d'abord, ensuite, pourtant, en résumé.
- Les objections acceptées puis dépassées : « C'est un vrai problème, je le reconnais. Mais... ».
- Un vocabulaire précis : pénible, transmettre, se libérer, obligation.
Ce qu'il faut retenir
En tâche 3, on ne tient pas quatre minutes et demie avec une liste d'idées : on les tient avec deux ou trois arguments développés, chacun avec un exemple. Et la relance de l'examinateur n'est pas un piège : c'est l'occasion de montrer que vous savez nuancer.
Ne cherchez pas à retenir ce texte : l'examinateur reconnaît une réponse apprise. Retenez la structure. La méthode est détaillée dans le cours Expression orale.